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Courte analyse d’un cours débat Sarkozy/Le Pen

janvier 24th, 2010

Pour comprendre les différentes idéologies politiques, il est intéressant de se rendre à la source de ce que sont leurs divergences fondamentales. Regardons le débat ci-dessus entre Nicolas Sarkozy et Jean-Marie Le Pen qui peut donner un bon exemple. Jean-Marie Le Pen, avec son agressivité à peine cachée, nous montre l’un des sujet fondamental de toute conception politique : le regard que l’on pose sur le genre humain, c’est-à-dire la nature humaine. Ce qu’est l’être humain, ce qui façonne ses comportements, ses désirs, ses émotions, ce qui le fait devenir ce qu’il est prend une place essentielle dans une idéologie politique. Donnons un exemple; ce que l’homme est capable de faire est un principe divergent entre le droite et la gauche : pour la gauche, l’homme est capable de tout résoudre, la pauvreté, la guerre, la misère, et si certains refusent de le faire, se serait uniquement par manque de volonté. Pour la droite, l’homme a des limites, et on ne pourra que améliorer les choses dans une mesure assez restreinte. C’est ce qu’on appelle la vision utopique (gauche) face à la vision tragique (droite).

Une autre composante de la nature humaine est de poser la question de ce qui fait devenir un être humain ce qu’il est. Dans ce débat, Monsieur Le Pen dit à Nicolas Sarkozy qu’il veut supprimer le droit du sol, pour ne garder que le droit du sang. Que veut dire le droit du sang?
Le droit du sang se rapporte aux gènes, c’est à dire à l’inné, et Le Pen nous le montre bien lorsqu’il parle de “racisme anti-français” qu’il considère être français comme une race. Dans cette conception, ce qu’est être français, se rapporte à un groupe génétique, à une ethnie, et en faire partie c’est avoir son sang qui coule dans ses veines (avoir un des deux parents français comme il l’affirme au cours du débat).
Nicolas Sarkozy lui oppose le droit du sol, qui se rapporte au fait de grandir dans le pays dans lequel on veut la nationalité, c’est à dire y être éduqué, et avoir été influencé par sa culture. Le droit du sol c’est l’éducation, l’acquis.
On retrouve une nouvelle fois ce débat de l’inné contre l’acquis, qui a souvent caractérisé la droite et la gauche (pas que Nicolas Sarkozy soit de gauche, bien sûr, mais il tient ici des affirmations beaucoup moins extrêmes que celle de Monsieur Le Pen), et surtout ce qui a toujours fondé l’extrême droite : caractériser uniquement par l’inné ce qu’est l’être humain, ce qui nous fait devenir ce que nous sommes, dans nos comportements et nos choix. C’est d’ailleurs cette vision de l’extrême-droite qui a placé d’emblée l’inné et le biologique comme tabou dans les sciences sociales, et qui les ont poussé à adopter une vision tout aussi extrême : le “tout acquis”.
Il ne s’agit pas ici de tenir une position, c’est-à-dire le “tout acquis” pour essayer de combattre l’extrême droite, mais de poser le doigt sur un concept divergent essentiel qui peut permettre à tout le monde de mieux comprendre les idéologies politiques.

Pour une étude convaincante et extrêmement bien documentée du débat inné/acquis, vous pouvez vous référer au livre “Comprendre la nature humaine” de Steven Pinker

N.Schaetti Science politique , , , , , ,

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